Hey ho ! Voilà, je m'offre un petit plaisir, une pièce de théâtre au format poche ! « Faites comme chez moi », farce burlesque tirant parfois sur l'absurde, traitant des dérives de la vie de couple post-divorce, avec des personnages attachants (enfin j'espère) et un ton humoristique sur un sujet (presque) sérieux.
Garantie plus efficace qu'un magazine féminin !
... et ça se trouve ici :
*pour la modique somme de 8,65€ :-)
*Résumé :
Lydie, la quarantaine, reconstruit sa vie après un récent divorce. Cherchant à combler le vide, elle se lie à Didier, parodie de Don Juan décrépi mais convaincu d'être séduisant, qui n’a d’autre but que celui de faire son nid, à la manière d’un coucou. Mais l'irruption de Chantal et Jean-Charlotte, couple de "touristes" un peu fantasques s'installant chez Lydie pour les vacances, risque de bouleverser l’ordre des choses...
Exercice live (le temps d'une soirée) sur VosEcrits.com Une couleur : rouge ; un verbe à l'impératif : sortir ; un moyen de transport : l'avion ; un fruit : des dattes.
(aviation: du latin « avis », qui signifie « oiseau », et « actio », qui signifie « action »)
- Non alors écoute, Thierry, la blague du calendrier, elle ne fait plus rire personne. - Rôôh mais quoi ? Des dattes ? - C’est le dattier, qui est une variété de palmier, maintenant fais pas chier. - D’accord, d’accord, j’arrête… C’était pour te détendre, Brigitte, c’est tout. - Je suis parfaitement détendue, Thierry ! - Tout va bien, messieurs-dames ?
L’hôtesse de l’air blonde pencha son joli décolleté au-dessus de la tête de Thierry qui après les dattes songea à des noix de coco mais garda son jeu de mots pourri pour lui. Brigitte ne remarqua pas le regard libidineux de son mari (qu’elle ne remarquait plus depuis longtemps d’ailleurs), crispée sur son siège, les ongles vernis enfoncés dans l’accoudoir.
- Tout va bien, mademoiselle. - Peut-être désirez-vous un verre d’eau ? - J’ai dit tout va bien, mademoiselle. - Vous savez, le stress au décollage est très fréquent, nous avons l’habitude... - J’ai dit tout va bien !
L’hôtesse hésita à prononcer quelques mots d’excuse, puis se dit qu’elle n’avait pas à s’excuser, les bourgeoises n’ont qu’à pas être aussi désagréables. Les joues de Brigitte avaient viré au rouge, deux belles griffures venaient d’apparaître sur l’accoudoir gauche, et seul Thierry trouvait amusant de fabriquer un petit avion en papier avec une page du catalogue Air France.
* * *
- Vrrrroummm ! Commandant de bord appelle tous les chasseurs, commandant de bord appelle tous les chasseurs ! L’ennemi est en vue ! Sus à l’armée rouge ! Sus à l’armée rouge ! Voyants allumés, sortez vos missiles ! Ha-ha, prends ça, pourriture communiste ! Piou-piou-piou-piou-piou, on va vous exploser comme des dattes confites sur un rebord de fenêtre, buveurs de vodka ! Il va pleuvoir des pruneaux sur le Kremlin ! - Thomas, descends de cet avion, ton père vient de retrouver la voiture. - D’accord maman !
* * *
- Mademoiselle ! Mademoiselle ! - Oui, Madame ? - Je veux bien le verre d’eau, finalement. - Tout de suite, Madame. - Et dépêchez-vous, pour l’amour du ciel ! - S’il vous plaît, mademoiselle, attendez, j’aimerais bien un petit quart de rouge, pour ma part. - Silence, Thierry.
* * *
Catherine, elle était tout pour moi. Elle m’avait eu, un soir, comme ça : « Tu es très beau, Jeannot. Sortons ensemble. » Elle portait une robe rouge, moi une chemise bleue, elle était le chaud, j’étais le froid, elle voulait un rafraîchissement, moi un peu de chaleur. On s’est plus tout de suite. Elle aimait le cinéma, la planche à voile, le jazz, la bonne cuisine, et moi les livres, le ski de fond, la country et la bonne cuisine. On s’est unis dans les odeurs de pâtes d’amande, de baklavas, de loukoums et de pudding aux dattes. Etre avec elle, c’était comme être sur un nuage, une immense barbe à papa tissée de plaisirs sucrés. Malheureusement, et comme on pouvait s’y attendre, l’un comme l’autre on a tiédi. Ça me convenait, pas elle. Elle a pris sa robe rouge, ses meilleures recettes, et un avion pour quitter notre nuage. Catherine s’est envolée ailleurs. Et pourtant, c’est moi qui me suis crashé. Catherine, elle était tout pour moi.
* * *
- Hé maman, tu l’as acheté mon p’tit camion rouge ? - Non. - Mais… t’avais promis ! - Raah, s’il te plaît… - Comment tu veux que je devienne pompier plus tard si tu m’achètes pas de camion ? T’es trop nulle ! - Thomas, c’est la dernière fois que je t’emmène faire les courses…
* * *
« Chers passagers, mesdames-messieurs, notre avion entre à présent dans une zone de turbulence. Veuillez rester assis sur vos sièges et ne surtout pas paniquer. Dear customers… » Et voilà, le moment tant redouté pour Brigitte venait d’arriver. Elle avait réussir à s’en tenir à une petite sudation lors du décollage, mais à présent, le véritable combat venait de démarrer.
- Thierry, mon cher…
Mais Thierry, qui avait une paire de boules Quiès confortablement installées au fond des oreilles, roupillait comme un bienheureux. Brigitte trouva scandaleux qu’il ne la soutienne pas plus que ça dans une pareille épreuve. Une première secousse l’empêcha de balbutier quelques mots pour protester. Une deuxième secousse provoqua trois nouvelles entailles dans l’accoudoir du fauteuil, et l’un des ongles rouges cassés. « Mesdames messieurs… » Brigitte n’avait pas envie d’écouter l’hôtesse de l’air blonde. Pouffiasse, à faire trois Paris – New York par semaine, forcément qu’on n’a pas le mal de l’air, on est habituée, on est entraînée. Mais une bleue comme Brigitte… aucune chance !
- Thierry ! - Hmm ? - Thierry, sors le sac ! - Que dis-tu ma bibiche ? - Le sac ! Le sac ! - Une seconde, j’enlève mes boules Quiès. - Le sac ! Le s…
Et c’est ainsi qu’une feuille de salade, une purée-jambon dégueulasse et un mini muffin mal digérés se retrouvèrent sur les genoux de Thierry.
- Robert ?
- Hmm ?
- Je t'aime, Robert.
- Hmm.
- Je comprendrais que tu trouves ça un peu précipité, mais...
- Ouais.
- C'est vraiment ce que je ressens. Je veux dire, cette nuit avec toi, c'était, même pas formidable, c'était... magique !
- Hmm.
- Tout, tes mains, ta bouche, tes yeux, tes épaules larges, ton sexe généreux...
- Hein, hein.
- J'aime tes draps, tes caresses, tes baisers, j'aime que mon corps devienne comme de la cire entre des doigts, une poupée que tu façonnes et malaxes jusqu'à plus soif. J'aime sentir ça, encore et encore.
- Hmm.
- Ton souffle chaud me donne vie. À côté de toi, Léo, c'était rien, c'était trois fois rien, toi tu es mille fois tout, pour le cœur comme pour le chibre, oui. Je suis ta chose, Robert.
- Ouais.
- S'il te plaît, chéri...
- Hmm ?
- Parle-moi, je t'en prie, j'ai besoin de ta voix.
- Oh, là là...
- Quoi ?
- Tu prends toute la couette, Bryan.
- Hein ?
- Et de bas en haut.
Exercice live (le temps d'une soirée) sur http://www.vosecrits.com/
Contraintes : gaufre - schtroumpf dormeur (* note: chez Peyo le schtroumpf est paresseux, mais comme ça pas de soucis de droit d'auteur) :o)
Rrrr…
Zzzz…
Rrrr…
Zzzz…
- Yo, Schtroumpf Dormeur ! Rrzz?
- Ça schtroumpfe ? Rrzz !
- Hey, on se réveille ! Ngrrmph… beuh ?
- Debout, c’est l’heure d’aller schtroumpfer ! Oh putain…
- Allez Schtroumpf Dormeur, le p’tit-schtroumpf est servi ! Regarde, le Schtroumpf Pâtissier m’a apporté des gaufres, elles ont l’air vraiment schtroumpf ! Gnn…
- Bon, c’est pas sérieux dis-donc ! Le Grand Schtroumpf il schtroumpfe que tu schtroumpfes trop, et que si tu continues comme ça tu vas finir complètement schtroumpf, alors debout ! Nga…
- Et que ça schtroumpfe ! D’accord, d’accord, j’arrive.
- Ah, ben tout de même ! Mais qu’est-ce que je fous là… Qu’est-ce qu’il me veut…
- Schtroumpfe-toi, on est en retard ! J’suis où, là ? Qui c’est, çui-là ?
- Bon, tu viens oui ou schtroumpf ? Arf, comprends rien. Que baragouines-tu, ô vénérable interlocuteur ?
- Tant pis, moi j’y vais. Salut. Hé, non ! Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? Faut que j’aille où ? C’est qui ce grand Croumf pâtissier endormi ?
- (part en schtroumpflottant) Ok, ok, je te suis, je te suis. Houlà ho.
- Tiens, te revoilschtroumpf ? Ouais, ouais, me revalstrouffe, si tu veux, quelque chose comme ça. Holà hou.
- Cool, schtroumpfons. Non, deux secondes, j’ai pas compris. Et pourquoi t’es torse-nu ? C’est indécent.
- Hé ben, tu m’as l’air tout pâlot. Tu schtroumpfes peut-être quelque chose. Hein ? Ah oui, tiens, c’est possible, c’est vrai que je me sens un peu flagada. Mais de là à chtroufper quelque chose… attends, j’ai dis quoi là ?
- Oui, je trouve que ton bleu schtroumpfe un peu ciel. Keuwa ?
- Et cobalt en dessous des yeux. Ciel, cobalt ? Qu’est-ce que c’est que ces schtroumpferies… une petite minute, je viens de dire schtroumpferies ? Minute-schtroumpfillon, qu’est-ce qu’il me schtroumpfe ? J’suis tout bleu !
- Alors Schtroumpf Dormeur, tu prends racine ? Schtroumpf Dormeur… mais c’est moi le Schtroumpf Dormeur ! Oh putain, je capte… passage au dialogue : - Hello Schtroumpf !
- Ah, tout de même, j’étais presque inquiet.
- Ce n’est rien, je crois que j’ai trop schtroumpfé. J’ai dû schtroumpfer que j’étais un humain, et le rêve s’est schtroumpfsuivi dans la schtroumpfalité.
- Quand je te disais qu’à force de schtroumpfer, tu finirais complètement schtroumpf…
- Oh, ta schtroumpf. Passe-moi plutôt une gaufre.
B - Hé Antonin !
A - Quoi, Biscotte ?
B - Tu ne devineras jamais ce qui m’est arrivé. Mais alors, jamais.
A - Sûrement.
B - Je te jure, tu ne vas pas me croire.
A - Je te crois.
B - Ha ! Ha ! Ce que t’es drôle toi alors !
A - Oui.
B - Bon je raconte. Figure-toi que hier au soir Martine me téléphone, complètement affolée, parce que son chat avait disparu. Et bien tu me crois si tu veux, mais le fils Crémieux… tu sais le fils Crémieux ? (un temps) Le fils Crémieux, le voisin d’Isabelle ? (un temps) En face de la pharmacie Mauger ?
A - Oui, oui, le fils Crémieux, je sais.
B - La pharmacie Mauger dont la caissière brune a eu une aventure avec le fils aîné du pâtissier de la rue Saint…
A - Je sais.
B - Oh. (un temps) Et bien figure-toi que le fils Crémieux - qui en pince pour Martine si tu savais ! - et bien figure-toi que le fils Crémieux lui en a acheté un autre !
A - Un autre ?
B - Oui !
A - Un autre quoi ?
B - Mais, un autre chat !
A - Ah !
B - Suis un peu, voyons !
A - Tu es gentille.
B - Non parce que, je ne veux pas dire de mal, mais des fois on dirait vraiment que t’es ailleurs, comme un bananier dans un champ de potirons.
A - Gentille.
B - C’est un angora. Il est trognon, si tu savais, un vrai petit amour ! Et bien Martine tu sais ce qu’elle a fait ? Tu sais pas ce qu’elle a fait ?
A - Non.
B - Et bien elle l’a mis à la porte !
A - Le chat ?
B - Mais non - ce que tu es sot ! - le fils Crémieux bien sûr ! Pas plus tard que ce matin : il se fait beau, bien coiffé, habillé chic, tout impeccable, frappe à la porte, se fait ouvrir, sourit comme un gros niais, bredouille deux trois syllabes, rougit, s’excuse, tend le chat à Martine et s’enfuit en courant. Le pauvre chou !
A - Oui enfin, vois-tu, on n’appelle pas ça se faire mettre à la porte, Biscotte.
B - Mais si, parce qu’en fait il était entré, et Martine tellement qu’elle était rigide ça l’a mis tout mal à l’aise. C’est sa froideur qui l’a mis à la porte.
A - Ah.
B - Eh oui, c’est pourtant pas compliqué.
A - Non, évidemment.
B - Ah là là, des fois Antonin tu m’inquiètes, t’es vraiment comme une pomme de terre sautée dans une rôtisserie.
A - Ouais. Et le chat ?
B - Le chat ? Oh ben j’en sais rien, il faudrait que je téléphone à Martine.
A - Tant mieux, fais donc.
B - Mais je crois avoir entendu la nièce de la poissonnière dire à Monsieur Dumas que vers quatorze heures trente Martine s’était rendue au marché pour acheter du thon. C’était peut-être pour nourrir le chat ?
A - Probablement.
B - Oui parce que je sais de source sûre que Martine n’est pas très thon, donc ce ne pouvait être que pour le chat.
A - C’est certain.
B - Ou alors elle a invité Sylvia à dîner. Parce que Sylvia, elle, elle aime le thon, oh que oui, et c’est de notoriété publique, hein ?
A - Possible.
B - (un temps) Ou alors c’est Mariette ? Je ne sais plus, c’est Mariette ou Sylvia qui adore le thon ?
A - Miaou.
B - Oh, arrête, hein, c’est une question très sérieuse. Imagine qu’on invite Sylvia à dîner et que c’est Mariette qui aime le thon, on aura l’air malin si on ne sait pas ! Qu’est-ce qu’il faut que j’achète, moi ? Et si alors on invite Mariette en supposant que c’est bel et bien elle qui aime le thon mais qu’en fait finalement c’était Sylvia, de quoi j’ai l’air, moi Biscotte ?
A - Invite les deux et on en parle plus. Ou prends du hareng, pour changer.
B - Hé ! Tu sais que c’est une super idée ? Le changement, c’est une bonne chose. C’est ce que je dis toujours a une copine qui s’est faite larguer : va chez le coiffeur.
A - Soit. Et le chat ?
B - Quel chat ?
_ _ _
Saynète mise en vidéo en mars 2011 avec Défi Ciné pour Kino Session #27
Avec Mathilde Faure & Edouard Pacaud
Un bureau, deux chaises. Un employé bien habillé est plongé sur la paperasse.
Un type rentre.
LE TYPE — Bonjour, je viens pour un brevet. L'EMPLOYÉ — Bonjour monsieur, asseyez-vous je vous prie. Le type s'assoit.
LE TYPE — Je viens pour faire breveter la guerre. L'EMPLOYÉ — Je vous demande pardon ?
LE TYPE — Je viens pour faire breveter la guerre. L'EMPLOYÉ — La...? J'ai peut de n'avoir pas bien entendu. Vous avez dit...
LE TYPE — La guerre, oui ! L'EMPLOYÉ — La guerre ?
LE TYPE — Je me tue à vous le dire. L'EMPLOYÉ — Mais, monsieur, ce n'est pas possible !
LE TYPE — Ah ? Pourquoi donc ? L'EMPLOYÉ — Mais enfin, on ne peut pas faire breveter la guerre !
LE TYPE — Navré, je n'en vois pas la raison. L'EMPLOYÉ — Allons, c'est ridicule, la guerre existe depuis la nuit des temps ! C'est même, peut-être pas la première, mais au moins l'une des premières inventions humaines connues.
LE TYPE — Et alors ? Personne n'en revendique l'exclusivité, que je sache. L'EMPLOYÉ — Évidemment, la guerre appartient au genre humain tout entier ! La faire breveter, ce ne serait pas... logique !
LE TYPE — Non, mais ce serait très lucratif. Éclairez-moi sur ce point : pas besoin de logique pour entrer dans le monde de la finance ? L'EMPLOYÉ — Je ne vous comprend pas.
LE TYPE — Eh bien je trouve que c'est un très bon placement : imaginez que les chefs d'État aient à me verser de lourdes indemnités chaque fois qu'ils décident d'envahir leur voisin. Gros profits en perspectives ! Trouvez-vous cela logique ? L'EMPLOYÉ — Pas vraiment, non. LE TYPE — Vous voyez, j'ai donc raison. L'EMPLOYÉ — Je vois… vous pensez que cela pourrait réduire le nombre de conflits ?
LE TYPE — Certainement pas, ça me ruinerait ! L'EMPLOYÉ — Hein ?
LE TYPE — Ben oui, si les dirigeants ne font pas la guerre, je ne touche pas mes droits. Il faut donc bien, au contraire, que les conflits demeurent, et ma fortune est faite ! L'EMPLOYÉ — Vous n'avez donc aucune morale ?
LE TYPE — Je vous l'ai dit, l'économie ne s'apparente à aucune forme de logique. Alors la morale, vous pensez... L'EMPLOYÉ — Soit... Cependant, une objection : je ne peux déposer le brevet si vous ne pouvez me garantir aucun lien entre vous et l'objet.
LE TYPE — En d'autres termes, est-ce que je sais faire la guerre ? L'EMPLOYÉ — En d'autres termes, oui.
LE TYPE — Facile. Regardez. Le type ôte sa veste, dévoilant une ceinture d'explosifs. Le type saute, la scène avec. L'EMPLOYÉ — (à part) Le salaud ! Tout à pété ! (haut) Très bien monsieur, je pense que ça ira. Il me faut juste vos noms et date de naissance, deux ou trois formulaires à remplir avec signature, et tout est en ordre. Monsieur ? Monsieur ?